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Les  lettres de Carême du père Jean Michel Salomon 

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Lettres de Carême

Lire les lettres de Carême du père Jean Michel

Dimanche 7 avril 2019 télécharger la lettre de Carême semaine 5

Dimanche 31 mars 2019 télécharger la lettre de Carême semaine 4

Dimanche 23 mars 2019 télécharger la lettre de Carême semaine 3

Dimanche 16 mars 2019 télécharger la lettre de Carême semaine 2

Dimanche 9 mars 2019 télécharger la lettre de Carême semaine 1 

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5eme dimanche de Carême 7 avril 2019 télécharger la lettre de Carême semaine 5

D’UNE LOI A L’AUTRE 5e dimanche de Carême, 7 avril 2019
« Vos pensées ne sont pas mes pensées
Et mes chemins ne sont pas vos chemins »
(Esaïe 55, 8)

Dans la cour du temple de Jérusalem, Jésus est en train de parler à une foule de pèlerins. Tout à coup arrive un groupe d’hommes très agités. A grands cris de colère et d’insultes, ces gens ont traîné jusqu’à ce lieu sacré une femme qu’ils jettent violemment devant Jésus. La voici à terre cernée de toutes parts. Cette femme vient d’être surprise en flagrant délit d’adultère. Comme par hasard… il n’est pas question de l’homme, son amant.
Tous la regardent avec mépris, avec haine. Il est certain qu’elle a péché et tous l’ont déjà condamnée.
Quant à elle, elle ne dit rien. Elle ne proteste pas. Elle ne cherche pas à se défendre ni à fuir. Elle est comme prisonnière de ce qu’elle a fait. Elle se juge elle-même, elle se condamne elle-même. 

Devant l’évidence du mal que d’autres ont commis ou que nous-mêmes nous avons fait, n’avons-nous pas le même réflexe d’accusation impitoyable et d’enfermement dans une culpabilité sans issue ?

La loi reçue de Moïse prévoyait alors qu’il fallait punir les adultères : on les lapidait, c'est-à-dire on les tuait d’une mort terrifiante à coups de pierres.
Dans cette foule en fureur, tous ont déjà ramassé des pierres ; ils attendent une parole de Jésus : « Maitre, voilà une pécheresse ! Qu’est-ce que tu en dis, toi ? Qu’est-ce qu’on va lui faire ? »
Jésus se tait. Il s’accroupit et en silence il se met à écrire sur le sol on ne sait quels signes.
Il y avait la loi ancienne reçue de Moïse et gravée dans le marbre. Peut-être Jésus est-il en train d’écrire l’autre loi - la loi nouvelle de son Evangile d’amour inconditionnel - avec son doigt dans la poussière de notre monde.
Jésus, les yeux baissés à terre, ne fixe pas du regard cette femme traquée, tremblante d’effroi au bord de la mort. Il ne veut pas mêler son regard aux regards de haine de tous les autres qui, eux, trouvent plaisir à humilier et à terroriser cette femme.
« Au nom de la loi »… A travers les siècles, au nom de telle ou telle loi, tradition, idéologie profanes ou religieuses, que n’a-t-on fait subir à des gens coupables ou innocents ?
Soyons clairs : Jésus n’approuve en rien le mal ; mais il refuse de s’associer à l’autre mal qui consiste à rabaisser et à détruire celui ou celle qui a péché. La seule loi qui fait vivre Jésus, c’est : « TU AIMERAS DIEU ET TON FRERE, quel qu’il soit. »

Dans ma vie et mes relations de tous les jours, quelle est « la loi » qui anime et oriente mes réactions, mes décisions et me actes ?

Autour de Jésus on s’impatiente : « Tu n’as rien à dire ? Décide-toi ! »
Alors Jésus se redresse et il prend la parole : « Celui d’entre vous qui n’a jamais péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Rien d’autre… Jésus s’est remis à écrire sur le sable. Et voilà que le cercle des accusateurs se desserre peu à peu. Les pierres leur tombent des mains. Désarmés par la puissance de cette Parole et de ce silence, un à un ils se retirent ; à commencer par les plus vieux : il est un âge où, humblement, on ne devrait ni juger, ni condamner personne…
Face à cette femme, il n’y en a qu’un qui soit sans péché. C’est Jésus. Lui seul aurait le droit de juger, de condamner, de punir. Et il ne le fait pas !
Jésus est sorti du cœur miséricordieux de Dieu, il est venu au milieu de notre humanité, non pas pour juger, mais pour sauver tous les hommes - même et surtout les pires - pour les rendre à la vie.
Cette lumière-là dissipe toutes nos ténèbres. Jésus lève nos barrières, abat nos murailles, neutralise nos armes.
Depuis des millénaires, le Peuple de Dieu redit ce psaume : « Seigneur tu étales nos fautes devant toi, nos secrets à la lumière de ta face. » (Ps 90,8)

Dans notre Église, dans ma vie personnelle, quelles fautes, quels secrets sont mis aujourd’hui en pleine lumière par la Parole de Jésus ?
Mais surtout… est-ce pour nous enfoncer dans le désespoir ?
ou bien pour irradier de son amour ce qu’il y a de plus obscur en nous ?

Tous sont partis. Maintenant Jésus peut fixer cette femme dans les yeux pour lui demander : « Personne ne t’a condamnée ?... Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais, ne pèche plus. »
Voilà la femme « relevée », « ressuscitée », libérée. Elle peut avancer dans la vie.
« Femme, tout le monde ne voyait en toi qu’une « moins que rien », une pécheresse. Toi-même, tu te méprisais, tu te réduisais à ce « moins que rien » qui te collait à la peau.
Mais vous vous êtes tous trompés ! Eux tous qui t’accusaient, et toi aussi qui ne voyait que ta faute. Regarde-toi maintenant, pardonnée, libre, vivante ; belle dans ta nouvelle vie, dans ta nouvelle identité, dans ta nouvelle dignité. Alors va… mais ne retombe pas dans ce piège qui t’enfermait. Désormais reste libre, ne pèche plus ! »

C’est ainsi que Dieu nous regarde. C’est ainsi qu’il nous parle en Jésus Christ ressuscité.

A la lumière de cet Évangile…
Qu’est-ce que je comprends du mystère de « Pâques »,
de ce « Passage » qui libère, relève et rend à la vie ?

Qu’est-ce que le Christ ressuscité dit à notre communauté
et me dit personnellement aujourd’hui ?

                                                                                                                                   JMS
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4eme dimanche de Carême 31 mars 2019 télécharger la lettre de Carême semaine 4

Dans cette parabole, un père avait deux fils, et l’on voit bien que ce père pourrait s’appeler Dieu. On voit bien aussi que chacun de nous pourrait être l’un et l’autre de ces fils perdus mais tellement aimés de leur Père.
* * *
Un des fils s’en va au loin ; le plus loin possible de son père. Il s’en va avec tout le bien qu’il a reçu de ce père aimant et respectueux de sa liberté. Il va se ruiner sans vergogne. Il perd tout ; dans un malheureux gâchis il dilapide tout ce que son père lui avait transmis.

v Ne vous est-il pas arrivé de prendre ainsi le large pour gaspiller le capital de vie, de grâce, de bonheur, le trésor de l’Evangile que Dieu notre Père avait mis dans nos mains ?
v Et dans les tempêtes qui secouent l’Eglise, la famille de Dieu, ne reconnait-on pas ce même gaspillage scandaleux qui étale maintenant la misère de cette Eglise et qui la discrédite aux yeux de tous ?


Et puis il y a un autre fils qui, lui, demeure chez son père ; il est là, jamais loin, mais étranger à son père. Ce fils lui dit : « Voilà des années que je te sers », sous entendu « comme un esclave » ; il ne dit pas : « Voilà des années que je t’aime ». Ce fils dit : « Père je n’ai jamais désobéi à tes ordres » ; il ne dit pas : « Voilà des années que j’ai cherché à répondre à ton amour ». Ce fils-là est toujours resté à la maison et il lui semble qu’il n’a jamais rien gaspillé. Mais en vérité il a perdu la joie d’être à la maison ; il ne communie en rien au bonheur du père, à son amour, à son regard plein d’espérance. Il se désolidarise
de son frère qui n’est plus son frère.

v Peut-être sommes-nous restés bien strictement dans la maisonnée de Dieu, dans son Peuple, dans son Eglise. Mais… partageons-nous vraiment les projets de Dieu, ses attentes, son regard d’amour sur la création, sur tout être ; sur nos frères - quels qu’ils soient - qui sont toujours ses enfants bien-aimés ?
v Et si, au lieu de désespérer de mes frères et de l’Eglise tellement salie et mal en point, je me décidais à les attendre, à les accueillir dans leur retour et à partager enfin la joie débordante de Dieu ?


En fait, dans cette parabole, Jésus veut surtout nous parler d’un vrai père ; d’un père inimaginable de bonté, de tendresse, de patience et de miséricorde ; de confiance toujours renouvelée.
Ce père-là avait laissé son fils libre de s’éloigner, libre de faire ce qu’il déciderait des biens qu’il lui avait offerts ; parce qu’il l’aimait d’un amour désintéressé, libérateur. Mais à partir de ce jour, et de jour en jour, le père est resté sur le chemin et il n’a cessé de scruter l’horizon d’où pouvait revenir son fils.
Enfin, dans ce tas de haillons qui s’avançait vers lui, le père a reconnu son fils, ce fils qu’envers et contre tout, il s’obstinait à attendre. 
« Le père a été saisi de compassion » dit le texte qu’on a lu. Oh, c’est bien plus que ça ! Il aurait fallu traduire : « le père a été bouleversé jusqu’aux entrailles ».
Alors le père se met à courir, il se jette au cou de son fils retrouvé, il l’embrasse de tout son cœur. Il l’empêche même d’exprimer sa misère et son repentir. Le Père n’a plus qu’une seule idée : une fête ! Que tous avec lui se réjouissent du retour à la maison, du retour à la vie de son fils qui était comme
mort.
Un peu plus tard, c’est encore le père qui sort à la recherche de son autre fils fâché et boudeur. C’est encore le père qui le tire par le bras et qui s’efforce de le libérer de ses rancœurs, de ses refus, en l’éclairant de son amour sans limite ni conditions.

v Avons-nous rencontré quelqu’un ou une communauté à l’image de ce père « miraculeux » ?

v Nous souvenons-nous d’avoir nous-mêmes bénéficié d’une telle tendresse, d’un tel pardon gratuit, d’un tel appel à nous libérer de ce qui nous anéantissait ou nous gardait captif ?
v Qu’est-ce que ça a changé dans notre vie ?


Nous avons un Père… et quel Père ! Un Père comme ça.
C’est ce que Jésus est venu nous dire. C’est ce qu’il demande à l’Eglise, à chacun de nous, de redire et de faire comprendre à tous ceux qui nous entourent.
Nous avons un Père déraisonnablement bon, fou d’amour pour chacun et chacune. Il ne cesse de sortir de lui-même vers nous. Il ne cesse d’espérer que nous fassions un pas vers lui pour tout partager avec nous de ce qu’il est : « Tout ce qui est à moi est à toi ! »
Laissons se graver en nous cette image de Dieu notre Père qui attend, qui patiente, qui sort anxieusement au devant de nous. Il ne trouve sa joie que dans notre retour ; dans notre retour à la vie comme une résurrection.
Alors qu’actuellement notre « famille » l’Eglise se sent tellement bousculée, humiliée, loin de ce qu’elle porte en elle, portons sur elle le regard et l’espérance d’un tel Père.

" En ce temps de Carême qui nous conduit en Eglise vers Pâques, comment, moi, je pourrais faire un geste, un pas, un signe qui signifie que je veux vraiment aller vers mon Père, avec mes frères, pour entrer ensemble dans la fête et le bonheur de Dieu, pour tout partager avec lui ?
Père JMS

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Troisième dimanche de Carême, troisième lettre de Carême 24 mars 

QUAND LE MALHEUR OU L’EPREUVE INTERPELLE

Ça pourrait être en titre de notre journal : « Répression sanglante à Jérusalem ». Mais ça se passait il y a 2000 ans Un groupe de gens venus en pèlerinage à Jérusalem ont été accusés de terrorisme parce qu’ils avaient montré leur opposition à l’occupation de leur pays par Rome. Pilate, le gouverneur romain, les a tous fait massacrer dans le Temple ; ce jour-là leur sang s’est mêlé au sang des animaux qu’on venait de sacrifier en offrande à Dieu.

Tout le monde commente cette horreur. Et tout le monde soupçonne que ces victimes avaient probablement commis des péchés très graves pour que « le ciel » permette qu’ils soient punis aussi cruellement.

Jésus lui-même rappelle un autre évènement tragique : un accident de chantier ou quelque chose comme ça. Une tour proche du Temple s’est effondrée… Et voilà 18 morts ensevelis sous les décombres. Ça aussi, ça aura fait causer et ça pose question !

Face aux violences et accidents de l’actualité, face au scandale de la souffrance - celle des autres, la mienne - comment je réagis ? - Quel genre de questions je me pose ?
Jésus interroge : « Croyez-vous que ces gens massacrés par l’armée romaine dans des conditions si abominables, croyez-vous que ces autres, écrasés sous l’éboulement de la tour de Siloé, croyez-vous qu’ils étaient plus pécheurs que les autres ? Croyez-vous que leur mort violente est une punition que Dieu leur inflige ?


En fait… ce sont les mêmes questions qu’aujourd’hui encore, beaucoup de gens continuent de se poser : « Mais qu’est-ce que j’ai donc fait au Bon Dieu, quelle faute j’ai commise pour mériter l’épreuve, la douleur, l’échec que je suis en train de vivre ? »
Écoutons bien la réponse de Jésus : « NON, je vous le dis, c’est non. Il n’y a aucune relation entre les évènements extérieurs qui surviennent dans votre vie et les péchés que vous avez commis. »
La preuve, regardez autour de vous : on peut être juste, fidèle, débordant de charité, exemplaire même…. et en même temps malade, accidenté, massacré. Ou au contraire, on peut être injuste, infidèle, exécrable pour tous… et en même temps en bonne santé, prospère et en parfaite sécurité.

Qu’est-ce que cette réponse de Jésus change dans mes inquiétudes ou mes doutes ? Qu’est-ce que ça change dans l’idée que je me fais de Dieu ?

Dieu n’est pas coupable de vos malheurs, dit Jésus. Par contre, il y a des manières de penser, de parler, d’agir… il y a des manières de vivre qui, de fait, vous entraînent dans une mort bien plus réelle, bien plus tragique et définitive que la seule mort de votre corps.
Si Jésus s’attarde sur le massacre du Temple ou sur l’accident de Siloé, c’est qu’il veut nous faire comprendre que ces évènements effrayants devraient nous réveiller de nos routines et de notre somnolence. Ils devraient nous amener à nous demander ce que nous sommes en train de faire avec notre propre vie.
« Dans ces évènements, voyez un rappel, un avertissement, une alerte : regardez bien comment vous vivez et convertissez-vous pendant qu’il en est temps. Changez profondément votre vie si elle ne mène à rien. Redonnez-lui toute sa dimension divine. Car si Dieu n’y a pas sa place, alors c’est le vide, le néant ; déjà vous n’êtes plus rien. Ce que vous croyez vivre n’est déjà qu’une mort stérile… pour toujours. 

Dans ma manière de me comporter,
est-ce que je suis encore et pour toujours vivant 
de la vraie Vie que le Christ et son Évangile me proposent ?
Ou bien est-ce que je suis déjà un peu ou définitivement mort 

Pour mieux s’expliquer, Jésus, comme toujours, invente une petite histoire à partir d’un figuier qui, depuis 3 ans, s’obstine à ne pas donner de fruit. Bien sûr ce figuier sec, ça peut être notre vie sans Dieu.
Le propriétaire du figuier, excédé, décide de le faire abattre. Il a raison : pour un arboriculteur, un arbre improductif occupe et épuise inutilement le sol.
Mais, dans cette parabole, le jardinier - Jésus lui-même - propose de bêcher, de nourrir les racines avec du fumier. « Qui sait ? Il se pourrait bien que l’arbre produise du fruit à l’avenir. »
Jésus veut nous faire comprendre l’extraordinaire patience de Dieu, l’extraordinaire grâce dont nous bénéficions. Mais attention à cet avertissement final : « Sinon tu le couperas ! »
Il y a donc urgence. Ne faisons pas n’importe quoi. A aucun moment, sous aucun prétexte, laissons notre existence ne servir à rien. Quelles que soient les conditions, notre âge, notre santé, nos occupations, laissons la grâce du Seigneur féconder, raviver notre vie, lui faire donner du fruit. Sinon, nous ne serons qu’un arbre stérile, déjà mort. Et par notre propre faute, ce serait pire qu’un massacre épouvantable, pire qu’un désastre naturel.
Dieu, dans son amour patient, attend tellement que chacun de nous porte du fruit !

Quelles sortes de fruits le Seigneur attend-il de moi ?
- Pendant cette année ?
- Pendant ce Carême ?


JMS

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Deuxième dimanche de Carême, deuxième lettre de Carême

Luc 9, 28-36 Deuxième dimanche de Carême
LA TRANSFIGURATION : un éclair éblouissant de lumière qui annonce le tout autre de Pâques.

« Ce jour-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean.» 

En cette deuxième semaine de Carême Jésus nous attire à sa suite et, avec lui, nous gravissons la montagne pour prier.
Montagne du Sinaï, Mont des Oliviers, Colline du Golgotha… C’est dans ces lieux à l’écart que Dieu se laisse rencontrer, c’est là où Dieu se dévoile à notre recherche, à notre prière, à notre désir de lumière.

En ce temps de Carême, est-ce que je prie en vérité ?
Est-ce que je fais ces pas coûteux pour m’élever dans la prière vers l’Infini ?

Pendant que Jésus priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. »

Aux yeux des disciples, Jésus, tourné et tendu vers son Père, est transfiguré par une lumière intérieure et surnaturelle. Car il ne s‘agit pas de la réverbération du soleil ni d’une source de clarté du dehors, d’ailleurs. Le visage de Jésus et son vêtement irradient du dedans. Toute la personne de Jésus, tout l’homme Jésus est traversé par l’éclat de la lumière de Dieu lui-même. Un instant, c’est la gloire de Dieu en lui qui transparaît et se donne à voir en toute pureté.

En ces temps actuels de troubles et de doutes, est-ce que je recherche sincèrement, est-ce que je prends le temps et les moyens de me tourner vers cette source de lumière qu’est le Christ et son Évangile ?

« Deux hommes s’entretenaient avec Jésus. »

Jésus n’est plus seul. Moïse est là qui, il y a 13 siècles, a transmis la Loi de Dieu à son peuple. Elie aussi est là qui, dans la tradition d’Israël, représente la figure la plus ancienne et la plus vénérée des
prophètes. Jésus se montre donc Seigneur des vivants et des morts, Seigneur des plus grands personnages du passé. En lui s’explique tout ce qu’ont enseigné la Loi et les prophètes. Resplendissant de la lumière-même de Dieu, Jésus vient éclairer et réaliser l’Histoire du salut.

En ce temps du Carême, est-ce que je lis les Écritures ?

« Ils parlaient de son départ à Jérusalem. »

Ce visage transformé et tout autre, ces paroles échangées avec Moïse et Elie, révèlent qui est celui qui bientôt va mourir à Jérusalem par fidélité à la mission reçue de Dieu son Père. Dans la clarté de Dieu, il est celui qui librement va accomplir toutes les promesses de l’Écriture.

Quand je me désole devant l’état d’une humanité assombrie par le mystère du mal, est-ce que ma prière garde en mémoire ces promesses de salut, cette assurance que ce monde est appelé à être transfiguré par la lumière de l’amour de Dieu qui resplendira à Pâques en Jésus-Christ ?

« Maître, il est bon que nous soyons ici ! Dressons trois tentes… »

Sur le coup de l’émotion, les disciples ne comprennent pas. Pierre voudrait bien s’installer dans la paix
de ce moment de grâce. Pourtant il est question d’aller au devant des épreuves et du sacrifice à Jérusalem.
Après avoir vu Jésus transfiguré de gloire, dans quelques semaines les disciples devront voir Jésus défiguré par les humiliations, par les souffrances et par la mort : « il n’aura plus figure humaine.»
Au plus terrible de la passion il leur faudra se souvenir de ce visage lumineux, et surtout de cette voix mystérieuse qui disait : « Celui-ci, qui est allé jusqu’au bout de ses forces et de son amour pour vous, Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : ECOUTEZ-LE ! Tout en lui vous montre jusqu’à quel point je suis capable de vous aimer… »

Aujourd’hui dans le tourbillon des évènements qui ne cessent de nous bousculer, au milieu des mille questions et inquiétudes qui nous éprouvent (nous, notre Eglise et notre humanité entière)…
quelle lumière retient notre regard ? Qu’est-ce qui attire et oriente ma vie ?
quelle voix retentit dans mon cœur ? Qui vais-je écouter ?
Est-ce je vais me laisser désinstaller ?


« Il n’y avait plus que Jésus, seul. »

Seul, de retour vers la plaine, vers les autres ; mais porteur au plus profond de lui, de cette lumière secrète, de cette parole d’amour, de cette vie de Dieu son Père.
Nous portons cette même lumière en nous, cette même parole qui brûle en nous, cette même vie qui transforme tout en nous.
Alors, dans ce temps de Carême qui nous mène vers Pâques, de quoi s’agit-il ? - De jeûner ? - Nous ne jeûnons pas ! - De nous priver des choses qui nous font plaisir ? - Nous ne le faisons pas !
Non, il s’agit de laisser transparaître dans notre vie de tous les jours, cette lumière qui nous éclaire, ces paroles inscrites en nous, cette présence vivante, car c’est Dieu que nous portons en nous.

JMS


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Dimanche 9 mars 2019 

Premier  dimanche de Carême, première lettre de Carême

télécharger la lettre de Carême du père Jean Michel Salomon  semaine 1 

Carême, 40 jours pour monter vers Pâques

« Dans l’Esprit, Jésus fut conduit à travers le désert ». Et c’est là qu’au début de ce Carême, nous sommes appelés à le suivre.

« Le désert » ? C’est un espace, c’est aussi un temps de retrait, de silence intérieur pour comprendre ce que Dieu veut de nous.
Pendant 40 jours, Jésus en prière fut tenté, il fut mis à l’épreuve par le « diable », c'est-à-dire par ce qui détourne et va à l’encontre de Dieu. 
La prière est le temps décapant d’un face à face avec Dieu. C’est aussi le temps de l’épreuve au milieu de nos difficultés puisque c’est là que nous essayons d’affirmer la sincérité de notre attachement à Dieu ; c’est là que nous choisissons Dieu et rien d’autre que Dieu ; c’est là aussi que nous recevons l’inspiration et la force d’affronter les défis qui se présentent à nous tous les jours.

Le Carême est un temps pour nous convertir, pour nous « retourner » vers Dieu. C’est un temps pour redevenir ce que nous sommes aux yeux de Dieu, dans l’espérance de Dieu.

« Il ne mangea rien pendant ces 40 jours ». Puis il eut faim. » II y avait de quoi !
Suggestion du diable : « Ordonne à ces pierres de devenir du pain.» Satisfais ta faim, toutes tes faims…

Pourquoi se priver alors que nous avons suffisamment et que nous avons envie de tout ?
En cherchant à consommer à tout va, en cédant à tous nos instincts élémentaires, nous ne sommes plus maîtres de nous-mêmes. Et surtout nous perdons l’essentiel, nous perdons ce qui fait notre liberté et notre dignité d’hommes ou de femmes nés de Dieu en ce monde.
Le plaisir n’est pas un mal, sauf s’il devient le moteur de notre vie. Alors nous en devenons esclaves, nous ne sommes plus libres et cela nous rend malheureux.

Réponse de Jésus : « L’homme ne vit pas seulement de pain. » Homme ne vis donc pas du seul pain matériel !

Quelle est la nourriture dont j’ai absolument besoin pour exister vraiment ? En ce temps de Carême, je jeûne, ou du moins je restreins volontairement certains de mes plaisirs. A quelle joie j’ouvre ainsi tout mon être ?

Tromperie du diable : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes… si tu te prosternes devant moi. »

Tout, tout de suite, et de plus en plus… C’est tentant !
Mais cette fringale ou cette ambition, ça a du prix. Alors que, disposant de tout, je me crois tout puissant et totalement libre, en vérité je suis dépendant et même esclave de ce que je possède ou désire m’approprier. Je me prosterne, j’idolâtre ce que je prends pour l’absolu.

Réponse de Jésus :  « C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras , à lui seul tu rendras un culte. »

Qu’est-ce qui s’impose à moi et prend toute la place, même celle de Dieu, dans ma vie de tous les jours ? En ce temps de Carême, je cherche à remettre Dieu au centre de ma vie en me libérant de ce qui m’obsède et me possède.

Ordre du diable : « Jette-toi dans le vide ». Fais des miracles, du spectaculaire. Manifeste ta toute puissance.

Est-ce que nous ne continuons pas à demander cela à Dieu ? Est-ce que nous ne défions pas Dieu de nous «épater» et ainsi de forcer notre liberté ?
Quand surgit l’inquiétude, l’échec, la souffrance ou le malheur, il nous arrive de dicter nos volontés à Dieu : « Si tu existes, si je suis quelqu’un pour toi, tu dois m’accorder telle guérison ou soulagement, tel succès. Sinon tu ne m’intéresses plus, tu n’existes plus pour moi… »

Réponse de Jésus : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Jésus, lui, n’a pas mis à l’épreuve Dieu, son Père. Lui, le premier, il vaincu cette tentation. Il est allé jusqu’au bout de sa Passion ; il est allé jusqu’au bout de son amour pour tous. Il n’a jamais perdu confiance en Celui qui l’avait envoyé et dont il se savait aimé d’un amour invincible.

Est-ce que je connais cette tentation de me mettre en avant pour être important, reconnu, félicité ? En ce temps de Carême, au milieu des « déserts » éprouvants que je traverse, au milieu des tempêtes que l’Eglise affronte, je me rappelle l’amour dont nous sommes aimés. Et je me redis tous les jours que je suis envoyé vers les autres en témoin d’Espérance et de Confiance en Dieu seul.

Face à toutes les tentations, Jésus est resté LIBRE.

Aujourd’hui, qu’est-ce que je fais de ma liberté de fils, de fille de Dieu ?
Vivons ce carême comme une école de libération de tout ce qui nous retient et nous enchaîne, de tout ce qui nous désespère. Au jour le jour, réapprenons à laisser Dieu s’exprimer en nous ; donnons-lui toute sa place. C’est lui qui, « de l’intérieur », nous rend libres et nous donne la liberté d’aimer les autres en vérité.
                                                                                                                                               JMS