VIE DE SAINT AMAND   patron de Saint Amand le Petit                   page d'accueil

Saint Amand ermite en Périgord (6ème s.) 

Résumé

Moine en Périgord, il était originaire du Limousin. Il fonda un monastère et l'agglomération qui l'entoura se mit sous son patronage: Saint Amand de Coly-24290.

En Limousin, comme ailleurs, les premiers moines sont des ermites. Ces personnes vivent isolées pour mieux prier et profiter donc des conditions naturelles favorables de la région. C'est au Ve siècle que la vie érémitique prend de l'ampleur. Les progrès de la foi à cette époque, ou les événements tragiques du moment, poussent certains à se retirer pour vivre leur foi dans la solitude. Un des ermites les plus célèbres est Saint Amand établi dans la forêt de Comodoliac sur les bords de la Vienne à l'ouest de Limoges. Il y est rejoint par Saint Junien qui vit seul pendant une quarantaine d'années, baptisant, guérissant, instruisant les populations du voisinage. (Les origines monastiques - diocèse de Limoges)

Dans le Limousin, au VIe siècle, les saints Amand et Junien, son disciple, ermites.

Saint Amand d'Elnone Evêque de Maastricht (+ 679)

Résumé

Un des grands missionnaires de l'époque mérovingienne.

Né en Aquitaine, il s'en vint d'abord mener quelques années de vie solitaire en Flandre puis partit sur les routes évangéliser la Flandre et le Brabant. Cet évêque "régionnaire", c'est-à-dire itinérant, exerça son zèle surtout dans le nord de la France et en Belgique. Il lui advint même d'être battu jusqu'au sang et jeté dans la rivière par ceux qu'il voulait convertir. Il attendit 90 ans pour se reposer dans l'une des abbayes qu'il avait fondées et dont la localité prendra son nom: Saint-Amand-les-Eaux-59230.

Du latin "digne d'être aimé", né en Aquitaine, Amand reçut une formation littéraire et monastique dans l'île d'Yeu, puis à Tours et à Bourges, où il vécut pendant quinze ans en reclus. Sa vie missionnaire commença à la suite d'un pèlerinage à Rome. Il lui arriva d'être battu jusqu'au sang et jeté dans la rivière par ceux qu'il voulait convertir. Sacré évêque vers 630, il parcourut les régions de la Flandre et du Brabant. II s'installa à l'abbaye d'Elnone, aujourd'hui Saint-Amand-les-Eaux, qui lui servait de base pour ses pérégrinations apostoliques. II y mourut nonagénaire, le 6 février 675 ou 676. Patron des brasseurs. (source: Saints du Pas de Calais - diocèse d'Arras)

Saint Amand d'Elnone Evêque de Maastricht 

Saint Amand est appelé ainsi, parce qu'il fut aimable. Il posséda en effet les trois qualités qui rendent l'homme aimable:
1° Sa société fut agréable (Proverbes, c. XVIII). " L'homme dont la société est agréable sera plus aimé que le frère. "
2° Sa manière de vivre le rendait honorable : c'est ainsi qu'il est dit d'Esther (c. II) qu'elle était agréable à tous ceux qui la voyaient.
3° Il était plein de cœur (II, Rois, c. I). : " Paul et Jonathan étaient aimables et beaux. "

Amand, qui avait de nobles parents, entra dans un monastère. Un jour qu'il s'y promenait, il trouva un énorme serpent ; par la vertu du signe de la croix et par sa prière il le força à rentrer dans son antre avec ordre de n'en plus sortir jamais **. Il vint au tombeau de saint Martin où il resta quinze ans couvert d'un cilice et ne se soutenant qu'avec de l'eau et du pain d'orge ***. Ensuite, il alla à Rome où il voulut passer la nuit en prières dans l'église de saint Pierre, mais le gardien de l'église le mit à la porte avec irrévérence.

 * Philippe de Harvenq, au XIIe siècle, écrivit la vie de saint Amand sur une autre écrite par Baudemond, disciple du saint. La légende en reproduit exactement les principaux faits. - Hélinand, en sa Chronique; raconte, comme la légende, la vie de saint Amand.

** Philippe de Harvenq, c. III.

*** Idem., c. V. 

Par l'ordre de saint Pierre qui lui apparut devant la porte de l'église où il dormait, il alla dans les Gaules pour réprimander Dagobert de ses crimes. Mais le roi irrité le chassa de son royaume. Enfin, comme le prince n'avait point de fils, et qu'après s'être adressé à Dieu, il en eut obtenu un, il se demanda par qui il ferait baptiser son enfant et il lui vint à l'esprit de lui faire donner le baptême par Amand. On chercha donc le saint et on l'amena au roi qui se jeta à ses pieds, le pria de lui pardonner et de baptiser le fils que le Seigneur lui avait accordé. D'abord Amand consentit une première fois, mais redoutant les embarras des affaires du siècle, il refusa après une seconde demande et partit. Vaincu enfin par les sollicitations, il céda au vœu du roi. Pendant le baptême, comme personne ne répondait, l'enfant, dit : Amen *. Après quoi, le roi fit élever Amand sur le siège de Maestricht. Quand il vit que la plupart des habitants méprisaient ses prédications, il alla en Gascogne, où un bouffon, qui se moquait de ses paroles, fut saisi par le démon : il se déchirait lui-même avec ses dents. Après avoir confessé qu'il avait fait injure à l'homme de Dieu, il mourut de suite misérablement **.

Un jour que saint Amand se lavait les mains, un évêque fit conserver l'eau dont il s'était servi, et elle procura la guérison d'un aveugle, quelque temps après ***. Comme il voulait, avec l'agrément du roi, bâtir un monastère, l'évêque de la ville voisine, qui voyait cela de mauvais oeil, envoya ses gens pour le tuer ou pour le chasser. Arrivés auprès du saint, ils employèrent la ruse en lui disant de venir avec eux et qu'ils lui montreraient un endroit convenable pour bâtir un monastère. Amand, qui connaissait d'avance leur malice, alla avec eux jusqu'au sommet de la montagne ait ils voulaient le tuer, tant il aspirait au martyre ! Mais voici qu'une pluie tellement abondante et une si grande tempête enveloppèrent la montagne, qu'ils ne pouvaient se voir les uns les autres. Comme ils se croyaient près de mourir, ils se prosternèrent en demandant pardon au saint, en le priant de les laisser aller en vie. Alors il adressa une prière fervente et obtint une très grande sérénité. Ils revinrent donc chez eux, et saint Amand échappa ainsi à la mort*. Il opéra encore beaucoup d'autres miracles et mourut en paix, Il vécut vers l'an du Seigneur 653, au temps d'Héraclius.

 * Philippe de Harvenq., ch. XXVI-XXVIII ; - Hélinand, Chron., an 660.

** Idem, c. XXIX, XXXVIII.

*** Idem, c. XXXIX.